Depuis un moment, l'idée d'écrire un article là où j'étale les raisons de mon refus pour le parti d'Ennahda et son chef Rached Ghannouchi me tente. L'objectif est de m'exprimer sur un sujet qui m'inquiète et qui inquiète beaucoup de gens. En plus, je sens qu'on tombe dans des classifications (croyants et non croyants, moderne et obscurantistes, etc.) et dans des stéréotypes. Ceci est dû peut être à deux raisons principales. Le premier est le fait que l'autre est encore une menace et que la culture de la différence n'est pas encore développée chez nous. Le second est que beaucoup de nous n'arrivent jamais à oublier l'image de la répression des religieux par BenAli, la guerre civile en Algérie et les lapidations et décapitations en Afghanistan, Iran et d'autres pays.
Je tiens à signaler que je me situe dans la case des Tunisiens musulmans qui font leurs prières, font le Ramadan, ... Et surtout ne triche pas, ne vole pas et mente rarement. J'ai vu l'opression religieuse de Ben Ali dans les yeux de ma mère ayant opté porter le voile dans la fin des années 80 et je les vécu avec beaucoup de mes étudiantes voilées contraintes à substituer leur voile par un bonnet et à entrer la fac par une deuxième porte pour éviter les gardiens.
Le double discours d'Ennahda
Issu de père sympathisant d'Ennahda, quand j'étais petit, quand le Cheik Rached parle à la télé, c'est le silence absolu. Là, je vois un autre Rached Ghannouchi et un autre Abdelfattah Mourou et un autre Hamadi Jebali qui parlent. Du rejet et la condamnation de la laïcité à l’approbation, il y a un gap énorme. J'ai du mal à croire que Rached Ghannouchi qui parlait avant sur les chaines de Golfe est le même Rached qui approuve le code du statut social.
Est-ce que les chefs d'Ennahda ont laissé tomber l'idéologie des frères musulmans? Est-ce une manoeuvre électorale? Quel avenir pour la Tunisie sous Ennahda?
Dans ce même cadre, je condamne le silence d'Ennahda face à des phénomènes nouveau dans notre société comme le Niqab ou encore les agressions dont été victimes plusieurs femmes et manifestations culturelles récemment et je le trouve complice.
Les alliances suspicieuses d'Ennahda et son financement douteux
Le deuxième point qui me fait peur est les alliances ou les amis étranger d'Ennahda. En effet, ce parti "serait" soutenu par des personnalités ou encore des gouvernements du Golfe de l'Iran. Et nous connaissons tous que ces pays là sont les derniers à prendre comme modèle en matière de démocratie et de respect des droit de l'homme. En plus, vu les dépenses actuels élevés du parti Ennahda (location du théatre de Sidi Mansour, Hôtel Palladuim, ...), les voitures, les gardes du coprs, je commence à me poser des questions sur le financement d'Ennahda. Dans ce même cadre, je rappelle que Ennahda a commencé son activité politique en Tunisie après le 14 janvier avec une oeuvre RCDiste Benaliste en utilisant le personnel et les bus d'une organisation publique (Massaif et Jawalan) avec des enfants (mineurs) qui chantent pour la vie du parti.
Enfin, un eventuel rapprochement entre les anciens RCD et Ennahda me fait vraiment peur quand à l'avenir politique du pays.
Ennahda et la démocratie
Ennahda a reconnu son implication dans des violences qui ont eu lieu dans la fin des années 80 et début 90. Ils ont payés certainement très cher le prix de ces actes mais ceci reste une tache très sombre.
En plus, la réaction d'Ennahda aux élections de 1989 n'était pas exemplaire (Pour plus de détails sur ce point voir ce
lien ou le livre Mon combat pour les lumières de Mohamed Charfi).