30 janvier 2012

Peut-on demander des comptes au gouvernement de Jebali?

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Certes, le gouvernement de Hamadi formé par l'alliance de trois partis à savoir Ettakatol, le CPR et Ennahdha n'a travaillé que pendant un mois. Cette période est très petite pour évaluer son travail. En général, on commence à demander des comptes à un gouvernement après les 100 jours de grâce. Mais les signaux négatifs ne manquent pas. En effet ce qu'on peut reprocher à ce gouvernement c'est qu'il a commis beaucoup d'erreurs en si peu de temps. Voici une liste de dossiers que le gouvernement n'a pas su bien gérer et quelques reproches.


Un diplomatie à plusieurs têtes
Les premières semaines du #tnGov ont connu plusieurs déclarations et positions diplomatiques très controverses et parfois contradictoires. On cite les déclarations du président Marzouki ayant failli causer un incident avec le voisin algérien. Le sujet Syrien a été également traité de manière ambigu. En effet, pendant que le ministre des affaires étrangères parlait de possibles frappes contre la Syrie, le président n'arrêtait pas d'insister sur son opposition et la Tunisie à toute opération militaire contre ce pays. Le président a également été à l'origine d'un incident diplomatique avec la même Syrie en accueillant les membres de l'opposition Syrienne à Tunis pour leur congrès. Sur le domaine diplomatique, nous remarquons qu'il y a une nette amélioration pendant les deux dernières semaines où la diplomatie tunisienne se ressaisit.

Des signes de fragilité au sein de l'alliance au pouvoir

Pendant certaines périodes de ce mois, nous avons senti que l'alliance entre les trois partis au pouvoir était fragile. Ceci est dû en premier lieu aux conflits qui se sont produit au sein du CPR après le départ de Marzouki et la guerre de succession à ce dernier. Le FTDL n'est pas exempt de conflits internes. On assiste à une guerre médiatique farouche entre deux clans : le clan Ben Jaafar, Zaouia et Bennour et le clan Ksila et Ajili. Le parti de Ben Jaâfar a été affaibli par des dizaines voire des centaines démission de ses membres. La base du FTDL semble très déçue et n'a pas encore pardonné ses chefs l'alliance avec Ennahdha. Même les relations entre les différents partis a connu un froid pendant des moments. Les principaux points de conflit était l'élection de Ben Jaâfar à la tête de la commission de rédaction de la constitution et le problème entre Jebali et Abbou sur les pouvoirs de ce dernier. Nous avons également assisté à un échange très virulent en live entre Omar Chétioui du CPR et Karima Souid du FTDL sur l'usage de la langue française au sein du #tnAC.
Le conflit Bennour-Ksila fait la une de l'actualité depuis des semaines. Tous les coup sont permis [Lien depuis webdo].

Des cas de népotisme
La Tunisie sort d'une période sombre où le népotisme, le favoritisme était une monnaie courante. Les nouveaux hommes fort de Tunis n'ont pas retenu cette leçon et sont tombé dans le même piège. Nous pouvons remarqué l'importance du rôle qu'incarne Rached Ghannouchi qui n'a aucun poste officiel dans l'état dans la politique tunisienne (Article de Ridha Kéfi sur Kapitalis). Il est présent dans les cérémonies officielles et n'hésite pas à rencontrer tous les invités de haut rang du pays. Il a même été dans la délégation qui a représenté la Tunisie lors du forum de Davos. Le rôle de sa famille Ghannouchi est également renforcé par la présence de son gendre Rafik Abdessalem Bouchlaka au poste de ministre des affaires étrangères qu'il occupe malgré l’opposition de la majorité de la classe politique. D'autres cas  de favoritisme ont enregistré à l'instar de la nomination d'une jeune de 27 ans comme conseillère du président pour récompenser un rôle contesté de son père dans la campagne du CPR. Le sujet de népotisme semble plus grave et généralisé. En effet, Abdelwaheb Maatar, lors d'une interview accordé au quotidien Assabah, reconnait que sa fille a eu un poste au ministère de la femme et se justifie par le fait que les tous les ministres presque ont donné des postes à leurs proches! Alors pourquoi pas lui aussi? Une drôle de justification.

Abdelwaheb Maatar confie des cas de népotisme dans le gouvernement au quotidien Assabah du 30/01/2012.
Défaut de message rassurant
Depuis sa nomination, le gouvernement n'a pas réussi à donner des signaux positifs. On sent beaucoup d’agressivité et de virilité dans les interviews et les déclaration. Le gouvernement donne l'impression de justifier un échec qui n'a pas encore eu lieu plus que travailler. D'où la multitude des déclarations là où on accuse à tort et à travers les média de subjectivité et les mouvement sociaux et l'opposition de mettre le bâton dans les roues d'un gouvernement. Le gouvernement est allé plus loin en menaçant d'utiliser la loi et même la force contre ceux qu'ils qualifient de fouteurs de troubles, restes de l'ancien régime etc. Les menaces ont été parfois musclées comme celles de Sadok Chourou allant jusqu'à évoquer des châtiments corporels comme couper les membres, crucifier et tuer les manifestants et sit-inneurs.

Nous savons tous que la mission du gouvernement est critique et qu'il a hérité un pays affaibli et plein de problèmes. Nous attendions que le gouvernement explique à ses citoyens la criticité de la situation, la complexité de sa mission et nous expose ce qu'il est en train de faire pour avancer les choses et dont il est capable. Au contraire, le gouvernement est encore au stade de justifications, accusations et des menaces qui portent beaucoup de défiance parfois.

Osama Al Saghir député sur Ennahdha menaçant de force (armes) le peuple tunisien. [Lien]

Qui fait quoi et mauvaise gestion des priorités
Nous avons notamment remarqué beaucoup de conflits dans le travail et les missions des ministres. En effet, nous avons presque deux ministres de l’intérieur, deux ministres de réforme administrative, trois ministres de l'éducation etc. En plus, certains ministres n'hésitent pas à prendre des décisions ou faire des déclarations qui ne sont pas de leur domaine de compétence comme ce fut le cas de Bhiri qui s'est permis de promettre 400 milles postes d'emploi. Pour information, Bhiri est ministre de la justice. Le deuxième cas flagrant est la signature d'un jumelage entre Al Azhar et la Zitouna par le ministre des affaires étrangères alors que ceci est du domaine des affaires religieuses. D'autres décisions impopulaires ont été proposées et qui n'entrent pas dans les vraies priorités du pays. Parmi ces mesures, on cite l’amnistie octroyée à 9000 personnes dans un contexte sécuritaire très délicat et dont il est inutile d'énumérer les dérives. En plus, pendant que le peuple cherche le lait, le pain et le travail, on lui propose des fatwas par région.

Outre, nous ajoutons à ces défaillance une mauvaise gestion de quelques dossiers comme les sit-ins partout dans le pays et surtout celui de Manouba qui a privé des milliers d'étudiants de leurs cours et examens pendant des semaines et l'intervention musclé des forces de l'ordre au ministère de l'enseignement supérieur. En plus, le gouvernement semble très passifs face à des dérives sécuritaires et à la dégradation de la situation de travail des journalistes dont beaucoup ont été agressés ou menacés. Le gouvernement a été aussi à l'origine de nominations controverses dans les secteurs de sûreté et de l'information. L'organisation de la fête de la révolution, la qualité des invités, la relation avec le Qatar et la gestion du dossier des martyrs et blessés ont été contestés.
Il faut avouer, toutefois, que le gouvernement actuel a eu quelques contre temps assassins. En effet, le gouvernement comptait beaucoup sur l'aide du Qatar pour la relance économique. L'aide de l'Emir Qatar n'est malheureusement pas venue à temps et a été très maigre en plus. En effet, le Qatar n'a octroyé à la Tunisie finalement qu'un prêt maigre de 500 millions de dollars et avec un taux d’intérêt très élevé. Ennahdha a-t-elle perdu son allié qatarien et sa chaine Aljazeera? Et pourquoi? En plus, la Libye, l'un des principaux partenaire économique de notre pays connait des moments difficiles et est à la porte d'une guerre civile.

Enfin, j'invite le gouvernement à soigner sa stratégie  de communication et s'approcher du peuple avec un message réconciliateur. Il doit se mettre en tête qu'il est le gouvernement de tous les tunisiens et non de sa base électorale uniquement. Je l'invite également à apprendre de ses erreurs et des autres pour avancer et j'attends de lui quelques mesures urgentes pour relancer l'économie et contrôler les prix. En effet, la pauvreté et le chômage augmentent et la vie devient de plus en plus chère. J'invite également tous les tunisiens surtout ceux qui ne sont pas dans la nécessité immédiate à arrêter leurs mouvements sociaux et de contribuer à la relance économique et à rassurer les investisseurs étrangers.

25 janvier 2012

nous avons de l'orgueil, une dignité

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A la 59ème minute de cette vidéo, le ministre des affaires étrangères Rafik Abdessalem Bouchleka déclare qu'il voulait parfois que l'équipe nationale perde parce que toute réussite serait attribuée à Ben Ali. 


Monsieur le Ministre, j'imagine que vous rêviez aussi que nous mourrions de faim pour que le pain que nous gagnions ne soit pas lui aussi attribué à Ben Ali. Que notre pays ne réalise aucun progrès, s'écroule pour que les médias ne disent que la Tunisie de Ben Ali avance.

Monsieur, pendant que vous avez fuit votre pays, qui ne doit certainement pas être fière de vous, avec votre gendre, nous sommes restés homme et femme pour construire ce pays, le rendre plus beau, plus riche, plus développé malgré l'injustice, la répression et la misère que nous vivions. Nous avons travaillé pour sa prospérité, son progrès et pour que cette son image ne soit pas tachetée. Pendant ce temps là, vous siégiez pour un autre pas pour l'organisation qui fait des arabes et de l'Islam son premier ennemi (OTAN ou NATO). 

Monsieur, quand cette équipe marque un but, c'est toute une nation qui se réjouit, 11 millions dont les cœurs battent plus fort. Le soir cette équipe perd, les rues deviennent vides, les villes sans âme, le visages pâles et tout un pays dort triste. Nous détestions certes Ben Ali mais nous détestions encore plus que notre chère patrie soit malmenée devant le Niger, le Botswana ou le Qatar. Monsieur le ministre, nous avons un orgueil, une dignité.

بلادى وان جارت على عزيزة واهلى وان ضنوا على كرام


20 janvier 2012

Une pensée à une femme militante

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Elle cherche son chemin dans les ruelles de la médina péniblement, elle qui a presque perdu sa vue à cause d'une maladie qu'elle n'a pas pu soigner. Tout cela s'est passé faute d'argent et de couverture sociale. Elle revient du Kram après une longue journée qu'elle a passé à astiquer le sol d'une villa de riches pour quelques dinars. Elle pense à ses quartes enfants qu'elle a enfermés à la maison. Quelle maison? Une chambre qu'elle occupe avec ses enfants et une cuisine dans laquelle elle a du mal à tourner entre son réfrigérateur en panne depuis des années et dont elle se sert encore comme étagères et son gaz. 


 Sihem a perdu il y a 5 ans son mari mort victime d'un arrêt cardiaque. Elle a failli perdre avec lui son fils encore traumatisé. En effet, il a vu son père mourir dans ses bras et il est resté collé à son corps froid. Son frère cadet parle à peine malgré ses 5 ans parce que sa mère ne peut payer un orthophoniste et parce qu'il a mal à accepter les conditions misérables qu'il vit. Il entend toujours parler d'un papa qu'il n' jamais vu même dans les photos car l'unique photo que le père à pris est sur sa carte d'identité et est trop petite pour la perception du petit. Les deux filles sont plus gâtées car elles sont souvent accueillies par des proches et réussissent mieux leurs études. La fille ainée malgré ses dix ans aide quand même sa mère dans les tâches ménagères sans se plaindre. ses petites mains portent les traces de misère d'une fille qui fait la vaisselle le soir sous la lune d'une nuit d'hiver glaciale.

La famille habite une maison qu'elle partagent avec leur oncle dont la femme veut les chasser afin de pouvoir faire une extension pour sa demeure. Comme toute femme vivant dans un quartier populaire et ayant perdu son mari, elle supporte les regards cruels des gens, les rumeurs est parfois les insultes et les agressions. Il suffit qu'elle s'arrête devant un vendeur ambulant et ils sont nombreux pour qu’il devienne son amant. L'unique soutien que cette femme a vient de jeunes du Croissant Rouge qui passent de temps à autre avec quelques dons, l'aident et donnent des cours à ses enfants.

Malgré toute cette misère, le sourire ne quitte jamais le visage de Sihem et elle ne se plaint jamais. Elle milite pour sa survie et la survie de ses pauvres enfants. Elle rêve d'une vie meilleure pour eux et elle n'espère rien d'autre que les voir grandir et réussir. Elle ne se soucie par des rides qui commencent à devenir visible malgré qu'elle n'a pas encore atteint la quarantaine.

Cette histoire est une histoire vraie d'une femme que j'ai connue et que j'ai pu jamais revisiter car elle me rappelle les injustices et la cruauté de cette vie. Pourtant, cette femme habite avec ses quatre enfants à quelques centaines de mètres du ministère des affaires sociales et du siège du gouvernement à la Kasbaa. Elle ne faisait jamais partie des plans de développement de Ben Ali qui était occupé pendant 23 ans à s'enrichir avec sa famille et ses proches. Elle vivait une misère que la politique veut cacher.

Des dizaines voire des centaines de milliers de tunisiens vivent comme Sihem la précarité, l'handicap et la maladie et subissent une mort lente et douloureuse. Malheureusement, ils n'ont pas de la place dans la politique que dans les enchères électorales.

13 janvier 2012

Deux poids, deux mesures

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Chers concitoyens,

Vous qui vous réjouissez de la non arrivée de Sarkozy parce qu'il soutenu Ben Ali, sachez que nous accueillons les princes du Qatar et du Bahreïn qui ont avorté la révolution du Bahreïn et on tué, torturé et emprisonné des centaines. Le peuple du Bahreïn nous regarde ce soir du même œil que nous regardions Sarkozy car on accueille son dictateur sur notre sol. N'oubliez pas aussi que nous sommes une ébauche d'une démocratie qui compte bâtir son économie sur dos de l'argent du Qatar. Les hommes d'affaires du Qatar qui vont venir investir chez nous sont au Qatariens ce qu'étaient les Trabelsi et Materi et Ben Ali  et d'autres pour nous ...

A bon entendeur


11 janvier 2012

اتحاف أهل الزمان بأخبار امارة غنوش ومرزوقستان - الخليفة وصاحب الشرطة

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أبلغ أصحاب الخير خليفتنا البار 
بأن صاحب شرطته من الأشرار
وأنه نهب الأموال وسجن الأحرار  
غضب أميرنا وأطرده خارج الأسوار 
ووعدهم مكانه برجل من الأبرار 
انها لخطوة هامة في إطار تقويم المسار

استبشرت كل الرعية لهذا القرار 
قامت الأفراح في جميع الانهج و الديار
وخرجت الجماعات بالبندير والطار  
وباتوا يغنون على فارس البلاد المغوار 

لكن زمجر الحرس وتوعدوا بالنار 
خاف  الخليفة و تراجع عن القرار
وقال لصاحب شرطته ذي الانصار
كنت أمازحك مالك لا تقبل بالحوار
أنت ستكون لي أحسن مستشار 
الراديو لم يمرر  ذلك في الأخبار 
ولا التلفاز تحدث عن ذلك في المنظار 
و باتت فيروز تغني على طائر الوروار

بين قرارات خليفتنا ورئيسه الثرثار
ضاع الشعب، سأم و دليله إحتار
صاح بكل صوته، هذا خزي وأي عار 
مالفرق بين خليفتنا والرئيس الفار 
وأين ثورتنا من ثورة صاحب الحمار

يا ويلي يا ويلي على بلادي من الإندثار  
و على شعبي و  قد أصبحنا مهزلة بين الأمصار